Comme on le sait désormais, la France est le plus gros utilisateur de pesticides en Europe et le second du monde derrière les USA. Revers de cette médaille : pollution des eaux, déclin des abeilles, déclin de la biodiversité, légumes et vins contaminés,…

keepthoseflowerspurty.jpgRapellons que l’usage immodéré des pesticides par l’agriculture (mais aussi par la SNCF, les jardiniers, les gestionnaires d’espaces verts, de voie de communication)…posent un véritable problème de santé publique, et pas seulement pour les utilisateurs qui sont les plus exposés, mais aussi pour la population générale : cancer, problèmes d’infertilité, problèmes neurologiques, ou encore système immunitaire affaibli.
Creative Commons License photo credit: therozblog

ÉCOPHYTO 2018 : un plan pour réduire de moitié l’usage des pesticides

A la suite du Grenelle de l’environnement, le ministère de l’Agriculture s’était engagé à réduire de moitié en dix ans la quantité d’insecticides et d’herbicides utilisés dans l’Hexagone. Le ministre Michel Barnier a présenté son plan phare de lutte contre les pesticides, lors du Conseil des ministres du 10/09/2008.

Ce plan prévoit notamment la diffusion de bonnes pratiques agricoles économes en pesticides, l’accélération de la recherche agronomique et l’innovation, la garantie de compétence de l’ensemble des acteurs de la chaîne (utilisateurs, distributeurs…), la création d’un réseau d’épidémiosurveillance accessible à tous les agriculteurs. « Ce plan est donc un élément important de la construction d’un nouveau modèle agricole … en faveur d’une agriculture innovante et responsable tout en maintenant un niveau de production agricole élevé » a déclaré le ministre.

Quelque 1.500 produits intégrant quelque 53 molécules à risque, seront retirés du marché avant la fin de l’année parce qu’elles sont considérées comme préoccupantes pour l’environnement et la santé.

Ce plan EcoPhyto2018 a été élaboré sur la base des conclusions d’un groupe de travail associant les représentants des utilisateurs, des fabricants, des élus, des scientifiques, des ONG, des administrations. Ce comité était présidé par Guy PAILLOTIN, secrétaire perpétuel de l’Académie de l’Agriculture.

Des indicateurs devraient être élaborés d’ici 2012 afin de calculer l’impact et les risques sur la santé et l’environnement inhérents à l’usage des pesticides, alors qu’il n’y a encore aucune donnée précise en la matière en Europe. Le plan prévoit également la création d’un Certificat de maîtrise des produits phytosanitaires que devront passer les agriculteurs à partir de 2010. Dénoncés par les agriculteurs biologiques, les traitements aériens seront à terme interdits.

Le gouvernement souhaite aussi réduire l’utilisation des pesticides dans les espaces verts publics et les potagers des particuliers, qui représentent 10% des pesticides utilisés en France. Le ministère a justement prévu de sensibiliser les gestionnaires d’espaces verts des villes, des autoroutes et des abords de voies ferrées à l’utilisation de méthodes alternatives aux pesticides. Une campagne de communication sera lancée en 2010 auprès des jardiniers amateurs pour les inciter à une plus grande tolérance de l’herbe.

L’Association de défense de l’environnement, MDRGF, l’une des plus en pointe sur ce dossier, a pour sa part salué un “bel essai à transformer”. Le coût de ce plan est évalué à 206 millions d’euros sur les trois premières années.

Poster un Commentaire

Vous devez être connectés pour poster un commentaire.